A Poilcourt. c'est encore le gros clocher roman sur croisée de transept qui représente le point fort du monument par sa puissance et en articulant bien les autres parties. Sous le toit aux pignons vers l'est et l'ouest, des baies jumelées s'ouvrent dans la partie haute du clocher. On y remarque même, malgré le chapiteau mal réparé, une jolie colonnette cannelée qui nous semble d'origine romane, qui s'inspire en tout cas de l'art des temples romains.

Prenons conscience que nous nous trouvons à deux pas de la voie romaine courant de Reims à Cologne par Château-Porcien (Naudin). Rappelons nous la colonnette cannelée du cimetière de Balham - tout près d'ici - provenant d'un temple romain.

Presque tout de Poilcourt, malgré maites tribulations, a été maintenu de l'ordonnance primitive. Côté nef, il ne manque que le collatéral sud lequel n'existait plus déjà au XVIIe dans une église qui se distinguait par la largeur des bas-côtés.

 

 

Subsiste l'essentiel de la masse ancienne : croisée de transept et chœur bien voûtés, en nervures cylindriques, l'abside profonde à chevet plat, la nef à trois travées qui fait basse, un peu plaquée à terre par rapport au clocher.

C'est bien d'un monument roman qu'il s'agit. Des piliers carres ordonnent la nef, laquelle ne s'éclaire à l'ouest que par un gros oculus ébrasé, sans la moindre décoration, sur une entrée rustique dont les pierres semblent taillées à la hache, au-dedans. Quant à la croisée de transept, là où les piles s'étoffent un peu de demi-colonnettes, elle témoigne aussi du plus vieux passé du XIIe siècle par ses chapiteaux tout simples ou à palmettes. Cette église fut construite en des temps sévères, par une population qui n'était pas riche. Les gens s'étaient voulu une bonne église, mais sans trop de décoration architecturale, sans complication d'architecture, quelque austérité.

Passèrent les siècles... Un Jacques de Coucy, seigneur de Poilcourt et qui avait servi sous Henri III tint à être inhumé dans son église champenoise, On en remarquera la pierre tombale de 1622 au croisillon sud... A différentes époques, des tailleurs d'images furet pressentis pour qu'ils alimentent l'imagination religieuse des paroissiens tout en secouant de vie le caractère assez froid de l'église. Nous ne sommes éloignés ni de Brienne aux maintes statues ni de Balham dont le pèlerinage annuel à St Eutrope lançait sur les chemins pour la grande rencontre. ceux qui allaient prier comme es marchands porteurs de bimbeloterie de pièces d'art et d'idées.